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08/01/2010

TRAUMATISME:IDENTIFICATION A L'AGRESSEUR

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 Identification à l'agresseur

 

 Le concept d'identification à l'agresseur a été introduit par Ferenczi et décrit par la suite par A. Freud (1936). Par ce mécanisme de défense, "le sujet confronté à un danger extérieur, s'identifie à son agresseur, soit en reprenant à son compte l'agression telle quelle, soit en imitant physiquement ou moralement la personne de l'agresseur, soit en adoptant certains symboles de puissance qui le désignent"[2] . Ce mécanisme psychologique va permettre à l'enfant abusé, en introjectant une partie des caractéristiques de son agresseur de passer d'une position passive à une position active.

Dans ce mouvement identificatoire, l'enfant se soumet masochistement à l'objet d'amour de l'agresseur qui se transforme en haine d'objet et en haine de soi après coup. La haine et l'agressivité ressenties sont alors retournées contre soi. L'agressivité et la haine d'objet  engendrent des sentiments profonds de culpabilité chez la victime.

L'enfant devient son propre mauvais objet tout en continuant à aimer ses parents. Un lien libidinal est ainsi préservé et le tient autant soi peu à l'existence et le retient « au bord d'un gouffre psychique mortel »[3]. L'enfant victime intériorise la culpabilité que ne ressent pas l'agresseur : « l'enfant est déjà clivé, à la fois innocent et coupable, et sa confiance dans le témoignage de ses propres sens est brisé [4] »

 Ce que confirme x, victime d'inceste :

« Parfois il pleurait et à chaque fois j'avais la sensation d'avoir le cœur déchiré, il me l'arrachait. Cet homme m'émouvait......  Mon pauvre papa » 

D'autres mécanismes de défense, tels que la dissociation et le clivage, sont souvent associés avec celui de l'identification à l'agresseur. X : « C'est difficile de dire oui maman est bien et maman n'est pas bien en même temps »

 L'identification à l'agresseur permettrait à la victime de se préserver de la confusion entre ses représentations de soi et de l'objet, et de conserver sa capacité d'attachement nécessaire à sa survie physique et psychique.

Ce mécanisme psychologique de défense peut expliquer pourquoi, les abusés développent plus de fantasmes à connotation pédophilique que les non abusés. Selon certains auteurs d'orientation psycho dynamique en élaborant un scénario pervers en fantasme ou en acte, le sujet lutte contre la perte d'identité, notamment sexuelle et cherche à se prémunir des affects pénibles, tels que la dépression ou les sentiments de rejet lié à ses expériences infantiles. Pour Mc Dougall[5] , le scénario ou l'acte pervers permet à l'individu d'éviter le danger de perdre le droit à exister et celui de se perdre dans la relation à l'autre.



[2] Laplanche et Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, PUF, p190

[3] Papazian, B, bref essai d'analyse des mécanismes inconscients qui interviennent dans la répétition transgénérationnelle d'abus physiques ou sexuels, psychiatriede  l'enfant,XXXXVII,2,1994 :                                                                                                                                                              

[5]  MCDougall,  J, Essai sur la perversion, in, Les perversions : chemins de traverse, Paris, Tchou, 1980

 

 

 

 

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